L’affaire du colis d’or
On me pose souvent cette question, que peut-on retrouver sur un ancêtre pendant la Seconde Guerre mondiale ? Car “On sait qu’il a fait la guerre.”, “On dit qu’il est passé en Suisse.”, “Il n’en parlait jamais.”
La Seconde Guerre mondiale reste proche, mais paradoxalement floue. Beaucoup d’hommes ont peu raconté. Par pudeur. Par fatigue. Par volonté d’aller de l’avant. Et pourtant, certaines archives existent.
En Haute-Savoie, à partir de 1943, de nombreux jeunes hommes franchissent la frontière vers le canton de Genève pour échapper au Service du travail obligatoire. La Suisse est neutre. Elle accueille ces réfugiés, mais les place sous contrôle. Officiellement, ils ne doivent participer à aucune activité militaire.
Dans les faits, la situation est plus nuancée. Certains deviennent des relais discrets entre la France occupée et les réseaux résistants. Ce type d’engagement, sur territoire suisse, peut donner lieu à des enquêtes et à des procès militaires. Ces dossiers sont aujourd’hui conservés dans les archives cantonales.
C’est ainsi qu’une recherche récente a pris une tournure inattendue. Une cliente souhaitait simplement comprendre le passage en Suisse de son père en 1943. Elle pensait qu’il s’agissait d’un simple refuge pour éviter le STO.
Les archives ont révélé un dossier judiciaire. On y découvrait qu’il avait participé au transport de tracts, au passage de matériel vers la Haute-Savoie, et qu’il avait été impliqué dans l’interception d’un colis contenant plusieurs centaines de pièces d’or destinées à un service allemand installé en France.
L’affaire avait conduit à une rapide arrestation, il intégra ensuite une unité issue des maquis savoyards et fut envoyé dans la zone française d’occupation en Autriche. Son jugement n’eu lieu qu’à son retour en 1946 ou il fut jugée pour violation de la neutralité suisse et libéré pour dans une période aux circonstances particulières.
Lorsque l’on entreprend une recherche sur la période 1939-1945, plusieurs types de documents peuvent apparaître : dossiers militaires, archives judiciaires, listes de réfugiés, archives de la Résistance, documents liés à l’occupation en Allemagne. Chaque parcours dépend du lieu, de l’année et des circonstances.
La difficulté n’est pas l’absence d’archives. La difficulté est de savoir lesquelles consulter. Retrouver le parcours d’un ancêtre pendant la Seconde Guerre mondiale n’est pas toujours simple. Mais dans certaines régions, notamment frontalières, les sources permettent d’aller beaucoup plus loin que ce que l’on imagine.
Étudier un parcours familial à partir des archives
Si vous souhaitez faire analyser un dossier comparable à partir de sources vérifiables, les niveaux de recherche sont présentés dans la page dédiée.
